Avant d’acheter un chien, il ne suffit pas de savoir quel est son aspect, combien il coûte et quelle est sa taille : il faut essayer de s’informer le plus possible sur ses caractéristiques psychophysiques afin de savoir tout ce que l’on peut attendre de lui… et ce que lui pourra attendre de nous.

Acheter un chien n’est pas comme acheter une paire de chaussures : c’est « presque » comme adopter un enfant, parce que c’est un pas que l’on devrait franchir avec le même sérieux et le même sentiment de responsabilité.

Le chien est un être vivant, sensible et intelligent : il doit être respecté pour cela. Le chien peut être un ami, un collaborateur, un membre de la famille : il ne doit jamais être « seulement » un animal que l’on nourrit deux fois par jour parce que – tout comme un enfant – il n’a pas seulement faim d’aliments mais il a aussi une grande faim d’amour, d’attentions, d’apprentissage.

Posséder un chien signifie également balayer de son esprit tous les doutes et toutes les idées préconçues : ainsi il faut se demander s’il représente un danger pour les enfants, s’il peut transmettre des maladies, quel est le prix réel de son entretien ou quel travail représente son dressage.

 

 

 

 

Adopter un chiot marque le début d’une relation avec un être vivant qui, dès lors, passera toute son existence avec vous. Cette décision importante doit être réfléchie et tenir compte de nombreux facteurs.

Les motivations

Une personne sérieuse doit avoir à l’esprit les motivations qui la poussent à décider d’acheter un chien car elles conditionnent le choix d’une race donnée et d’un spécimen particulier. On peut désirer un chien pour :

1. Avoir un être vivant à aimer et recevoir en retour.

2. Établir un contact direct avec le monde animal.

3. Posséder un compagnon, dans le cas d’une personne seule ou d’un enfant.

4. Soustraire un être vivant au chenil ou à l’euthanasie.

5. Élever un chien d’une race déterminée.

6. Participer à des concours canins.

7. Suivre la mode ou avoir un chien que ses amis envient.

Il y a tant de raisons de partager sa vie avec un chien, certaines étant plus nobles que d’autres : l’important est d’être sincère envers soi-même et de renoncer si l’on n’est pas convaincu de ce que l’on fait.

Toute la famille doit être d’accord

Outre le fait de connaître la raison qui vous a poussé à adopter un chien, il est important que le choix satisfasse tous les membres de la famille. On peut ne pas être d’accord sur la nécessité de posséder un animal chez soi, certains veulent un chien de race, d’autres préfèrent un bâtard, certains en veulent un petit et d’autres un gros, certains le souhaitent bien éduqué et d’autres considèrent qu’un animal doit suivre son instinct, certains sont favorables au fait de l’installer dans la maison et d’autres dans le jardin, et ainsi de suite.

Parlez-en famille et cherchez un compromis qui contente approximativement tout le monde afin de pouvoir accueillir le chiot dans un environnement serein.

Le chiot n’est pas le seul choix possible pour ceux qui désirent un chien : c’est toutefois le plus courant, pour différentes raisons plus ou moins fondées. Si vous voulez suivre votre chien du premier au dernier instant de sa vie, profiter de ses premières découvertes, vous devez naturellement prendre un chiot.

Si en revanche vous n’avez pas beaucoup de temps, si vous tremblez à l’idée d’un pipi sur le tapis et que vous choisissez « malgré vous » un chiot uniquement parce que vous croyez qu’il s’attachera davantage à vous qu’un jeune chien ou qu’un adulte, alors vous vous trompez.

Le chien s’attache à ses maîtres de la même façon à tous les âges, il n’y a que le temps nécessaire à cela qui change. Il faut en général pour cela quelques semaines à un jeune chien et quelques mois à un adulte (surtout s’il avait un très bon rapport avec son précédent maître), mais le résultat est toujours le même : un chien qui donne tout son cœur, son dévouement et sa fidélité

 

 

LE TEST DE CAMPBELL

 

 

Ce test comportemental de Campbell, élaboré par le psychologue William Campbell à la fin des années soixante, a été créé pour prévoir les tendances comportementales des chiots soumis à l’attraction, aux ordres et à la domination (physique et sociale) de l’homme.

Son but est d’aider un acquéreur potentiel à choisir, à l’intérieur d’une portée, le sujet le plus adapté au milieu et à la famille dans lesquels il est appelé à vivre.

De ce test, on a dit tout et son contraire : certains le portent aux nues et d’autres le dénigrent en affirmant qu’il ne sert absolument à rien. Après de nombreuses expériences faites avec des chiots de races différentes, il s’avère que le test de Campbell est très utile dans la grande majorité des cas si l’on suit ses indications à la lettre, si l’on teste des chiots ayant l’âge requis (généralement sept semaines) et si l’on n’attend pas d’autres résultats que ceux prévus à l’origine par ce test (par exemple, ce n’est ni un test d’intelligence ni un test d’aptitude, et l’on ne peut donc pas considérer qu’il va nous fournir des indications allant dans ce sens).

Dans quelques cas seulement, avec des races au caractère très particulier – comme par exemple le Chow Chow –, le test de Campbell ne donne pas de résultats fiables (tous les chiots donnent pratiquement les mêmes réponses et il est presque impossible d’obtenir une échelle de valeurs) ; en général, ce test est toutefois parfaitement valable et il est conseillé de l’effectuer avant de choisir un chiot.

 

Se mettre en condition pour le test

 

Âge : de quarante à cinquante jours.

 

Lieu : isolé, tranquille, n’offrant aucune distraction, clos ou bien délimité. Il doit y avoir une entrée (grille, porte) bien nette. Pendant la saison froide, on peut exécuter le test à l’abri, même dans une pièce (si elle est suffisamment dégagée et spacieuse) : il est toutefois indispensable que ce lieu, situé à l’extérieur ou à l’intérieur, soit absolument inconnu des chiots.

 

Durée : environ une demi-heure pour tester correctement une portée de six sujets.

 

Qui doit exécuter le test ? Le futur propriétaire du chiot et personne d’autre. Si ce test est par exemple exécuté par l’éleveur, il donnera des résultats complètement différents qui pourront lui servir dans ses jugements personnels mais qui ne seront d’aucune utilité pour le futur acquéreur. Ainsi, si l’éleveur vous dit qu’il a déjà soumis la portée au test, demandez-lui gentiment l’autorisation de le refaire vous-même.

 

Déroulement du test

 

Vous devez prendre vous-même chaque chiot et le conduire séparément dans la zone réservée au test. Vous ne devez pas parler aux chiots, ni les encourager, ni les caresser, sauf si ce type d’attitude est explicitement recommandé par le test. Si un chiot fait ses besoins pendant le test, ignorez la chose et ne nettoyez l’endroit que quand le chiot est parti. Le test est divisé en cinq parties : avant de l’effectuer, vous devez préparer un tableau de classement identique à celui-ci-dessous, en identifiant les chiots par des lettres différentes (A, B, C, D, etc.).

 

Première partie : Attraction sociale 


Posez délicatement le chiot au centre de la zone de test et éloignez-vous de quelques mètres dans la direction opposée à celle de la porte ou de la grille. Accroupissez-vous ou asseyez-vous en tailleur et tapez doucement dans vos mains pour attirer le chiot. Notez sur le tableau la rapidité avec laquelle le chiot accourt, la position de sa queue (haute ou basse), et l’attitude qu’il adopte une fois qu’il vous a rejoint.
A- Vient immédiatement - queue haute - vous saute dessus - vous mordille les mains 
B- Vient immédiatement - queue haute - vous gratte les mains avec les pattes
C- Vient immédiatement -  queue basse
D- Vient mais hésite - queue basse 
E- Ne vient pas du tout 

 

Deuxième partie : Aptitude à suivre 


Partez d’un point situé à proximité du chiot et, après vous être assuré qu’il est en train de vous regarder, éloignez-vous de lui en marchant normalement. Inscrivez sur le tableau la rapidité avec laquelle le chiot vous suit (ou s’il ne vous suit pas) ainsi que l’attitude qu’il adopte.
A- Vous suit immédiatement queue haute – vient entre vos pieds – vous mordille les pieds 
B- Vous suit immédiatement queue haute – vient entre vos pieds
C- Vient immédiatement queue haute
D- Vous suit en hésitant queue haute
E- Ne vous suit pas ou s’en va

 

Troisième partie : Réponse à la contrainte 


Accroupissez-vous, retournez délicatement le chiot sur le dos et maintenez-le dans cette position pendant 30 secondes environ en laissant votre main sur sa poitrine. Notez ses réactions dans la case correspondante du tableau.
A- Se rebelle violement – se débat – mord
B- Se rebelle violement – se débat
C- Se rebelle puis se calme
D- Ne se rebelle pas – vous lèche les mains

 

Quatrième partie : Dominance sociale 


Baissez-vous et caressez doucement le chiot en partant de la tête et en continuant par le cou et le dos. Inscrivez ses réactions dans la bonne case du tableau. Si le chiot a des réactions ambiguës, s’il essaie de jouer ou... de prendre la direction des opérations, continuez à le caresser jusqu’à ce que son comportement puisse être clairement interprété et classifié.
A- Vous saute dessus – vous gratte avec les pattes – mord gronde 
B- Vous saute dessus – vous gratte avec les pattes
C- Se retourne – vous lèche les mains
D- Se met sur le dos – vous lèche les mains
E- S’en va et reste éloigné

 

Cinquième partie : Dominance par élévation


Prenez le chiot sous le ventre en croisant vos doigts, les paumes des mains vers le haut. Soulevez-le légèrement du sol et maintenez-le ainsi pendant 30 secondes environ. Inscrivez sur le tableau la rapidité avec laquelle il accepte (ou s’il n’accepte pas) cette situation sur laquelle il n’exerce aucun contrôle et qui le place sous le pouvoir absolu de l’homme. Le chiot doit ensuite être caressé, félicité et replacé dans la portée. Vous soumettez alors un autre chiot à ce même test. Il est très important que tous les chiots soient soumis au test par la même personne, au même endroit et de la même façon.
A- Se rebelle violement – mord – gronde 
B- Se rebelle violement
C- Se rebelle – se calme – vous lèche les mains
D- Ne se rebelle pas – vous lèche les mains

 

Résultats du test de Campbell

 

Deux réponses A ou plus, avec des réponses B dans d’autres parties du test
Ces chiots ont tendance à réagir d’une façon dominante et agressive et pourraient même mordre s’ils sont traités sans ménagement. Ils ne conviennent pas à des enfants ou à des personnes âgées. Le cadre idéal pour eux est celui d’un foyer composé de personnes adultes vivant dans une atmosphère tranquille et ayant choisi des méthodes d’éducation strictes sans être brutales. La cohabitation avec d’autres animaux risque d’être difficile, à moins qu’il s’agisse de chiens du sexe opposé.

 

- Trois réponses B ou plus
Ces chiots ont tendance à dominer et à se distinguer, sans toutefois atteindre les excès des « A » : un dressage doux et cohérent peut les amener à un apprentissage rapide. Ils ne sont pas recommandés dans les familles où vivent déjà des enfants en bas âge ou d’autres chiens du même sexe.

 

- Trois réponses C ou plus 
Ces chiots peuvent s’adapter partout, même s’il y a des enfants ou des personnes âgées. Leur degré élevé de docilité et de soumission ne les empêche pas de se rendre utiles comme chiens de garde ou de défense après un dressage adapté.

 

Deux réponses D ou plus, surtout s’il y a aussi des réponses
Ces chiots, extrêmement soumis, devront recevoir beaucoup de douceur et de gratifications pour avoir confiance en eux et parvenir à s’adapter le mieux possible au milieu humain. Ils peuvent cohabiter avec des enfants « responsables ». Ils ne mordront que par autodéfense ou en cas de très grave danger.

 

Deux réponses E ou plus, surtout si l’une de celles-ci concerne l’épreuve de dominance sociale
Ces chiots seront difficiles à socialiser et à dresser, à moins d’utiliser des techniques particulières. S’il y a également des réponses « A » ou « B », ils pourront mordre en cas de peur ou de stress. S’il y a des réponses « C » et « D », ils auront tendance au contraire à fuir en situations de stress. Ces chiots sont déconseillés pour les enfants en bas âge.

 

 

Mâle ou Femelle

 

 

Une fois choisi, on devra se décider entre un chien mâle ou femelle en fonction des avantages et des inconvénients que le sexe du chien comporte.

La femelle est plus affectueuse et docile, elle n’a normalement pas de tendance dominante et ne fugue ni pour s’accoupler ni pour vagabonder. Elle constituera un choix impératif pour ceux qui veulent entreprendre une carrière d’éleveur.

En revanche, elle présente des inconvénients liés à son cycle sexuel : les pertes de sang pendant les chaleurs, la « cour » des chiens mâles lorsqu’on la promène, elle peut évidemment attendre des petits, elle est sujette à des grossesses nerveuses et peut souffrir de pathologies utérines et mammaires.

Le mâle a une plus grande tendance à la fugue et à la dominance, il est excellent pour monter la garde, un peu moins pour tenir compagnie.